Interview de Mathieu Blin
Publié le 09/11/2012 par stade.fr
L'ancien talonneur du Stade Français Paris, aujourd'hui entraîneur d'Agen, s'est confié à Stade.fr et se dit très ému à l'idée de retrouver le Club où il a passé toute sa carrière.
Est-ce que cette semaine a été différente des autres ? Oui, il fallait que ce match arrive ! Je suis monté à Paris cette semaine pour aller voir mes enfants, et j’avais du mal à rester chez moi. Pour ce qui est du groupe, les joueurs ont préparé ce match comme n’importe quel autre.
Ce match doit te tenir à cœur ?J’essaye de prendre de la distance par rapport à tout ce qui se passe autour de cette rencontre. C’est bizarre de se retrouver à l’hôtel à Paris. Comme je connais bien le cadre, je me suis un peu plus investi dans l’organisation. Le Stade Français Paris nous a gentiment laissé le stade de la Cité Universitaire pour nous entrainer. Même si je connais mal Charléty puisque je suis parti avant que le Stade y dispute ses matchs, cela me fait vraiment plaisir de retrouver le club où j’ai joué toute ma carrière.
Pierre Rabadan disait cette semaine que c’était un beau signe du destin de jouer son 300ème match avec le Stade face à ton équipe.
C'est incroyable pour lui ! C’est un monstre de fidélité et d’investissement. Dans le rugby d’aujourd’hui, c’est assez rare. C’est mon frère, celui avec qui j’ai partagé pendant dix ans les chambres d’hôtel quand nous étions en déplacement. Les choses évoluent positivement. Moi je suis sur le bord du terrain, lui encore sur le terrain, et la vie continue.
Justement, comment se passe ton nouveau rôle d’entraîneur ?Je n’étais pas préparé à cela car je n’avais pas de diplôme. Je consacrais 80% de mon temps au syndicat des joueurs. Le Président d’Agen m’a contacté et tout s’est fait naturellement. J’aime organiser et appliquer les choses. Durant ma carrière, j’ai été plus de 50 fois capitaine du Stade Français Paris. J’étais entouré de grands joueurs et j'ai ainsi pu développer des qualités de leader. J’essaye d’encadrer l’équipe le plus naturellement possible avec beaucoup d’application. Le groupe du SUA a énormément d’humilité et c’est vraiment une chose importante et appréciable pour moi.
Je sais et j’aime être en relation avec les autres. J’accorde beaucoup d’importance au partage, toutefois, il est encore trop tôt pour dire si je suis ou pas un bon entraîneur.
Avec les nombreuses absences au sein du groupe parisien, venez-vous à Paris dans l’optique de réaliser un bon résultat ?
Quand on est 12ème du classement, nous ne pouvons pas nous permettre de regarder qui va jouer en face de nous.
Toute la semaine, nous nous sommes concentrés sur la stratégie à aborder contre Paris.
Le Stade Français Paris est dans une dynamique positive, le fruit de son travail commence à payer. Malgré l’absence de plusieurs joueurs, l’alchimie au sein du groupe opère de plus en plus.
T’attendais-tu à un début de championnat difficile ?
Je pensais qu’on serait plus serein à domicile au début de la saison. Pourtant, quand on dissèque nos matchs à la vidéo, on s’aperçoit qu’on arrive à enchaîner plusieurs temps de jeu, cependant, il nous manque encore de la finition.
Tu vas retrouver le Stade Français Paris, Pierre Rabadan, mais aussi votre génération championne de France en 1999 qui s’est réunie pour ce match. Il y aura beaucoup d’émotion autour de cette rencontre?
La vie est bien faite. Nous avons tous démarré notre carrière ensemble, et devrions ressentir un véritable feu d’artifice d’émotions. Le Stade a l’habitude des feux d’artifices et j’espère qu’à la fin du match nous pourrons tous en partager un.